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Posté on 6 Juil 2012 in Vie spirituelle, Voix des prêtres

14ème dimanche de l’année B

14ème dimanche de l’année B

Jésus de Nazareth, le charpentier ! (Mc 6, 1-6)

Les lectures de ce dimanche nous présentent le drame de l’incrédulité : celle des hébreux, malgré l’exil (Ez 2, 2 -5), et celle des compatriotes du Christ. Dès le chapitre premier du Livre d’Ezéchiel, la divine Présence (la shekhinah שכינה à laquelle correspond l’arabe سكينة) semble bien avoir quitté le site du Temple pour accompagner le peuple en exil. Dieu préfère évidemment les pierres vivantes aux mortes, à condition que les hommes n’aient pas de « cœurs de pierre » ! Or, c’est l’obstination et la dureté de cœur qui heurtent le prophète – autant de phénomènes qui continuent aujourd’hui à nous « scandaliser », à nous faire de la peine : oui, un athéisme, un matérialisme, volontiers agressifs et militants, une « dictature du relativisme » (Benoît XVI), et une « culture de la mort » (Jean-Paul II). Mais courage ! La patience et la persévérance auront raison : la grâce vaincra le péché, et la vie vaincra la mort, un dimanche à Jérusalem ! Désormais, après la résurrection de l’Eternel Galiléen, Il sera partout et toujours avec les Siens (cf Mt 28, 20), devenus, toutes et tous, « Temples de l’Esprit Saint ».

Un drame personnel de Saint Paul !

La deuxième lecture (2 Cor 12, 7 -10) nous fit part d’un drame mystérieux douloureusement vécu par l’Apôtre des nations. Sans spécifier davantage, il écrit aux Corinthiens qu’il souffre « d’une écharde dans la chair ». Plutôt, il la présente, paradoxalement, comme un don! En effet, voici le texte littéralement : « Une écharde dans la chair m’a été donnée » (εδοθη μοι  σκολο τη σαρκι). Il s’agit d’une « crux interpretum », un passage fort difficile à interpréter : est-ce une maladie chronique (des yeux, en particulier), de tentations ou d’épreuves humiliantes, de tribulations presque insupportables ? En tous cas, nous aussi nous expérimentons, en première personne, la faiblesse et l’imperfection ! Et, pour Saint Paul comme pour nous, la grâce de Dieu nous suffit !

Face à l’incrédulité des compatriotes de Jésus !

Ils ont beau voir Ses miracles. Ils s’étonnent de Sa sagesse et de Ses œuvres. Or, la conclusion serait facile à tirer : il vient de Dieu ! Non ! L’objection  de « l’horizontalisme » monte à la surface : « N’est-ce pas là le charpentier, le fils de Marie »?

Leur incrédulité stimule notre foi! Certains d’entre nous se demandaient si Jésus n’avait pas « disparu de la circulation » pour s’enfuir, un certain temps, auprès des Esséniens de Qumrân, ou des magiciens d’Egypte ou d’Inde. La question se posait : « Qu’a-t-Il fait de l’âge de douze à trente ans ? » Et voici la réponse fournie par des bouches contemporaines et compatriotes, méfiantes et incrédules: Il travaillait comme menuisier, charpentier, pour assurer Sa subsistance et celle de Sa Mère (devenue assez tôt probablement veuve, puisque certains ne paraissent pas connaître Saint Joseph).

Prions le divin Menuisier qui n’a pas façonné de croix mais l’a portée, de nous aider à porter la nôtre, pendant notre exil, afin de parvenir « à la joie de notre Seigneur » dans la patrie céleste, « la Jérusalem d’en haut, notre mère » !

P. Peter Madros