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Posté on 1 Sep 2014 in Actualité du Vatican, Actualité locale, Église, Politique & Société

P. Jorge Hernández, curé de Gaza: « François nous a encouragés à aller toujours de l’avant »

P. Jorge Hernández, curé de Gaza: « François nous a encouragés à aller toujours de l’avant »

P.JorgePapeINTERVIEW – Reçu en audience par le Pape dans la matinée du vendredi 29 août, le P.Jorge Hernández a apporté au Saint Père le remerciement de ses paroissiens de Gaza, un petit troupeau d’à peine 136 âmes qui a vécu le drame du conflit soutenu par la proximité du pasteur et par la prière de toute l’Eglise. Religieux de l’Institut du Verbe incarné et curé de la Sainte Famille à Gaza, il se fait la voix dans cet entretien à l’Osservatore Romano de la reconnaissance des fidèles pour la proximité manifestée à leur égard, en plus d’une occasion, par François.

Quelles sont vos premières impressions après la rencontre avec le Pape?

L’entretien avec François a été une grâce. Je ne m’y serais jamais attendu. Au cours des journées de guerre à Gaza, le Pape a envoyé un message par mail à la paroisse. J’ai immédiatement informé tous les fidèles de ce don. Vous n’imaginez pas le soulagement qu’ils en ont tiré, du seul fait que le Pape nous ait tous à cœur.

Quel est le contenu du message?

Tout d’abord, François nous a encouragés à aller toujours de l’avant, à apporter notre témoignage, à être “le sel de la terre”. Il a fait référence à la vision surnaturelle de la présence des chrétiens en ce lieu. N’oublions pas que sur presque deux millions d’habitants à Gaza, les chrétiens sont 1350, dont 136 catholiques et le reste orthodoxe. Une minorité importante. Et le fait que le Pape s’occupe de nous est un geste significatif.

Et qu’a représenté l’audience avec le Pape aujourd’hui?

A présent, cette rencontre m’a donné la même certitude: le pasteur est présent parmi ses fidèles, il offre son encouragement et de sages conseils. C’est une immense grâce pour nous.

Quelle est actuellement la situation dans la Bande de Gaza?

Grâce à Dieu un cessez-le-feu durable a été conclu, au moins pour donner la possibilité de revenir à des négociations en Egypte. Cela aussi a été une grande grâce pour nous, car les gens sont à bout. En plus des dégâts, de la peur, la situation est devenue insoutenable pour les deux parties en conflit.

En ce moment, quelle est l’œuvre accomplie par votre paroisse?

La paroisse de la Sainte-Famille est la seule de Gaza. Au cours du conflit nous avons accueilli plus de mille deux cents personnes qui fuyaient leurs maisons. Nous avons offert un témoignage de charité. Nous avons accueilli, aidé, soutenu dans la douleur de nombreux réfugiés, en leur fournissant également des aides matérielles, grâce à la Caritas internationalis qui a toujours été proche de nous. Je dois dire que nous avons toujours eu le soutien sans condition du patriarche latin de Jérusalem. Le patriarche Twal en personne s’est occupé de nous faire parvenir les aides humanitaires et il a lui-même téléphoné plusieurs fois à notre communauté. Ceux qui ont vécu une guerre connaissent la valeur extraordinaire de ces gestes. Voilà quelle est la présence de l’Eglise: un ferme témoignage caritatif. Malheureusement, nous avons également compté trois victimes dans notre communauté chrétienne.

Combien de personnes travaillent dans la paroisse?

Outre moi-même, qui suis le curé, il y a un autre prêtre de l’Institut du Verbe incarné, le père Mario, qui vient du Brésil, et ensuite les religieuses de trois congrégations: les sœurs de Mère Teresa, les dominicaines du Rosaire et l’Institut de la Vierge de Matará, d’Argentine. Les trois congrégations aident dans la paroisse, certaines dans l’assistance aux enfants handicapés, d’autres dans les trois écoles chrétiennes, qui sont les meilleures de Gaza. Elles sont aussi fréquentées par des musulmans et elles constituent des lieux pour favoriser un dialogue de vie entre les religions.

Quels développements imaginez-vous pour le futur processus de paix?

Cela n’est pas simple; en général on recommence depuis le début, que ce soit au niveau paroissial ou au niveau civil. Les personnes reviennent sur leurs pas pour chercher à continuer à vivre. Il est difficile de prévoir ce qui se passera. Je voudrais cependant remercier tous ceux qui, au cours de ces semaines de conflit, nous ont écrit, téléphoné, ont offert leurs prières et leurs souffrances pour nous. Pour nous, cela est très important. Je demande encore à tous de continuer à prier pour nous. Cela est fondamental, nous en avons besoin.

Propos recueillis par Nicola Gori pour l’ Osservatore Romano