Pages Menu
Categories Menu

Posté on 27 Mar 2015 in Discours et interviews FT, Patriarche, Synode

Le Patriarche Twal s’exprime sur la question des divorcés-remariés

Le Patriarche Twal s’exprime sur la question des divorcés-remariés

INTERVIEW- Dans une interview accordée à  ZENIT le 24 mars 2015, le Patriarche Fouad Twal est revenu sur les différentes questions soulevées par le Synode de la famille, notamment la question des divorcés-remariés et des annulations.

 

« Bien évidemment la question qui suscite le plus de réactions et d’émotions est celle du divorce et du remariage (…) De toute évidence, le principal champ de discussion pour une réforme est celui du mariage et de la vie de famille » a souligné le Patriarche, en ajoutant: « C’est une question très difficile à résoudre parce que les paroles de Jésus ne laissent pas de place à l’alternative. »

 

Selon la théologie Catholique, a rappelé le Patriarche, l’Église n’a pas le pouvoir de dissoudre un mariage sacramentel, ou de dissoudre un sacrement. Le processus d’annulation », a-t-il expliqué « ne vient pas rompre les liens du mariage ou du sacerdoce » mais résulte plutôt d’une « enquête formelle sur la validité du sacrement pour voir si le sacrement a effectivement eu lieu ou non. »

 

Lorsqu’elle est accordée, continue le Patriarche, l’annulation est la déclaration de l’Eglise que le sacrement n’a jamais été valide, soulignant également que l’enquête suite à une demande d’annulation « tend à prendre un certain temps », « puisque le bénéfice du doute penche sur la validité du sacrement », et, que dans le cas du mariage, « il y a deux parties en cause, qui ne voient pas toujours les choses de la même manière. »

 

Une fois l’annulation accordée, l’Église déclarant que le sacrement n’a jamais été valide, de nouvelles questions épineuses s’en suivent explique encore le Patriarche, notamment: « Que deviennent les enfants d’un tel mariage? Sont-ils illégitimes? »

 

« La légitimité est une question de caractère licite ou non- la légitimité d’une action humaine et ses conséquences, par exemple, l’administration d’un sacrement ou d’un contrat » a-t-il noté, ajoutant: « On la distingue de la validité, car une action peut être valable sans être licite, par exemple un laïc peut donner le baptême sans nécessité urgente. »

 

« Je suis plein de compassion face aux nombreux catholiques qui souffrent de la séparation et de mariages brisés. C’est sans doute l’une des questions pastorales les plus douloureuses à laquelle l’Eglise doit faire face », a déclaré le patriarche, notant combien le divorce est fréquent chez les catholiques, et presque aussi courant que dans le reste de la société.

 

Mais pour un catholique qui souhaite se remarier à l’Église, l’annulation est nécessaire, « et cela peut être tout aussi angoissant que la séparation initiale. »

 

« Cela signifie creuser dans des souvenirs parfois difficiles, des questions embarrassantes de nature très intime, et parfois s’exposer à l’hostilité de l’autre partie » a-t-il expliqué.

 

En ce qui concerne la façon dont elle affecte les opinions des gens de l’Eglise, «Les gens peuvent même avoir le sentiment que l’Église va contre eux, ou du moins pas en les aidant activement à trouver le bonheur qu’ils cherchent. De toute évidence, il y a quelque chose à faire sur ce point. »

 

Néanmoins ajoutait le Patriarche « il serait malhonnête de passer sous silence les vrais problèmes. » « L’Eglise doit rester fidèle à Jésus qui a déclaré sans détour que ceux qui divorcent et se remarient commettent l’adultère. Donc d’une part, l’Église cherche à être aussi compatissante et au service de ceux qui voudraient s’en sortir après un mariage brisé, et pourtant elle ne peut pas simplement éliminer les éléments de l’enseignement de Jésus qui sont plus difficiles à vivre ».

 

En outre, l’axe central du prochain Synode, souligne Mgr Fouad Twal, ne sera pas « comment sortir d’un mauvais mariage. L’Église va vouloir envoyer un message aux jeunes pour leur dire qu’elle croit encore dans le mariage et que l’engagement à vie – avec l’aide de Dieu – est encore possible. »

 

« Combiner une affirmation solide sur ce qu’est le mariage avec un engagement renouvelé à la compassion est l’énorme tâche qui attend les évêques. »

 

Le Patriarche a souligné que l’importance de la foi dans le sacrement du mariage méritait une étude approfondie. « Compte tenu de la perte généralisée de la vraie foi, vivre dans une société dont les fondations de la morale s’effondrent, et où devient commune la mentalité du divorce (« si le mariage ne marche pas, je peux toujours demander le divorce »), le domaine de la foi et de l’engagement dans la foi doit être examiné en tant que partie intégrante du processus d’enquête et être un motif possible d’annulation d’un mariage sacramentel présumé valide ».

 

Dans les années 1970, explique le Patriarche, la notion de manque de discernement ou du manque de compétences est devenue l’un des principaux motifs de nullité et a ouvert les vannes permettant de déclarer nuls de nombreux mariages. Les domaines de la psychologie et de la psychiatrie ont permis d’analyser profondément la capacité des personnes à assumer et à remplir les obligations essentielles du mariage.

 

Le Patriarche latin a souligné que le problème du divorce et du remariage ne peut être abordé uniquement à partir de la période post-mariage, mais nécessite plutôt un examen rigoureux de la préparation nécessaire au sacrement du mariage. L’Eglise doit s’attacher plus attentivement, dit-il, à la qualité de la préparation et à la volonté du couple.

 

« D’un point de vue civil, il est plus difficile d’obtenir le permis de conduire que de se marier! De même, la banque, mène une enquête serrée pour accorder un prêt immobilier, s’assurant avec le plus grand soin que le couple peut remplir les termes du contrat. De la même manière, l’engagement du mariage, pour toute une vie, requiert le plus grand soin et une préparation en profondeur pour déterminer l’état de préparation du couple. »

 

« Les réformes nécessaires » a finalement conclu Mgr Fouad Twal, « sont: une catéchèse rigoureuse sur le mariage et le déni objectif du mariage pour ceux qui ne sont pas fait pour lui. Et en ce qui concerne les annulations, remédier à cette situation pour simplifier le processus d’annulation  en limitant le ruban adhésif et la multiplication des étapes. Nous comptons sur vos prières. »

 

Source: ZENIT

Traduction du Patriarcat latin de Jérusalem