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Posté on 25 Mai 2015 in Église, Pour aller plus loin, St Mariam et Marie Alphonsine

Les procédures pour la béatification et la canonisation dans l’Eglise Catholique

Les procédures pour la béatification et la canonisation dans l’Eglise Catholique

 

JERUSALEM – mai 2015. De nombreuses béatifications et canonisations ont eu lieu dans l’Eglise Catholique, surtout depuis le long pontificat de Saint Jean Paul II. Il y a quelques jours, la Terre Sainte a célébré la canonisation des deux religieuses palestiniennes, Sœur Mariam de Jésus Crucifié Baouardi et Mère Marie Alphonsine Ghattas. C’est durant une célébration Eucharistique que l’Eglise proclame la Sainteté d’un chrétien. Une telle proclamation est précédée d’une longue procédure, faite de plusieurs étapes, qui peuvent durer des années, et parfois même des siècles !

Ces procédures ont été élaborées au fil des siècles avant d’arriver jusqu’au nous telles qu’elles sont aujourd’hui. Elles sont d’ordre canonique et disciplinaire, et diffèrent donc du Dogme, ou Dépôt de la Foi, qui ne saurait changer. Elles sont élaborées par l’Eglise qui a la tâche, confiée par le Seigneur, de gouverner, d’enseigner et de sanctifier le Peuple de Dieu, tandis que le dogme est une Vérité révélée par Dieu, dans les Ecritures et la Tradition, que l’Eglise accueille, médite, approfondie et a le devoir de transmettre ensuite avec fidélité aux hommes, non pas comme une « idéologie » quelconque, mais comme une vérité vivante qui illumine le chemin des hommes dans leur recherche de Dieu et du salut de leurs âmes. « Ta Parole est la lumière de mes pas, la lampe de ma route», dit le livre des Psaumes.

I. « Serviteur de Dieu »

C’est la première étape vers la canonisation. Dans l’Église catholique, à l’origine et jusqu’à une période très récente, serviteur de Dieu était une appellation non-réglementée, susceptible d’être utilisée pour n’importe quelle personne ayant une certaine piété. Depuis 2007, ce titre porte une signification déterminée, et l’évêque le donne au candidat pour la béatification et ensuite la canonisation.

II. Vénérable

Est appelé Vénérable le Serviteur de Dieu dont « l’héroïcité des vertus » a été reconnue par l’Église. L’évêque nomme une commission canonique (historiens, théologiens, vaticanistes) qui fait une étude critique de ses écrits et les condense dans un document transmis à Rome à la Congrégation pour les causes des saints, qui mène l’instruction finale. Si la Congrégation accepte le dossier, elle nomme un rapporteur chargé de faire une synthèse (appelée la Positio) de toute la documentation (biographie, vertus, miracle). Un collège de cardinaux et d’évêques étudie alors la positio et se prononce sur l’héroïcité des vertus (foi, espérance, charité, etc.). Le « décret d’héroïcité des vertus » fait du serviteur de Dieu un vénérable[1].

III. La béatification

La béatification est l’acte solennel par lequel le pape déclare qu’un culte public peut être accordé à un serviteur de Dieu. A partir de Paul V (1605 – 1621), la béatification a été concédée comme une anticipation d’une canonisation prévue.

D’abord simple décret, la déclaration de béatification s’est entourée d’une cérémonie qui a pris de plus en plus d’ampleur. Depuis 1971, la cérémonie de béatification est présidée par le pape lui-même et, de ce fait, ne se distingue plus guère, dans les apparences, de la canonisation. Depuis les réformes de Paul VI en 1969 et de Jean-Paul II en 1983, la procédure en vue de la béatification a été grandement allégée.

Les miracles sont examinés en trois réunions de niveau différent : celle des experts (ou groupe de médecins, s’il s’agit de guérisons), celle des théologiens, enfin celle des cardinaux et évêques membres de la Congrégation. Un seul miracle est requis pour une béatification, et le martyre en dispense. Il peut arriver que le miracle reconnu ne soit pas une guérison. On en trouve déjà des exemples dans l’histoire moderne de l’Eglise.

IV. La canonisation

C’est l’acte solennel par lequel le pape décrète qu’un serviteur de Dieu, déjà compté parmi les bienheureux, doit être inscrit au catalogue des saints (c’est à dire le martyrologe romain) et vénéré dans l’Eglise universelle (latine). On voit immédiatement ce qui différencie béatification et canonisation. Avec la première, le culte d’un nouveau bienheureux est concédé à une cité, un diocèse, une région ou une famille religieuse : avec la canonisation, la sentence est définitive, et le culte étendu à toute l’Eglise. Ainsi entendue, la canonisation est l’aboutissement d’une longue histoire.

Il est demandé, pour la canonisation, l’examen d’un miracle nouveau intervenu après la béatification et cela même dans une cause de martyre. L’examen des miracles pour une canonisation se fait selon les mêmes règles que pour une béatification. Dans la plupart des cas, le miracle allégué est un miracle de guérison. Mais il peut se trouver que le miracle ne soit pas une guérison.

Cas particulier

A côté de la canonisation solennelle, plus habituelle, il existe une autre forme de canonisation dite « équipollente », et beaucoup plus rare ; deux cas seulement depuis 1588. Il s’agit de cas de personnages anciens, dotés déjà d’un culte local plus ou moins étendu, et dont l’étude est confiée à la section historique de la Congrégation compétente. Aucun miracle n’est requis, mais entre en ligne de compte la renommée des miracles accomplis avant ou après la mort du personnage, et rapportés par des auteurs dignes de foi. Dans de tels cas, la canonisation se fait par la publication d’une bulle, sans autre cérémonie, mais avec tous les effets d’une vraie canonisation.

Article aménagé par Firas Abedrabbo

 

Sources :

Portail de la Liturgie Catholique (Conférence des évêques de France).

Articles du père Jean Evenou, Dictionnaire des miracles et de l’extraordinaire chrétien, Fayard, 2002.

– Wikipédia.

[1] Le décret d’héroïcité des vertus n’est pas nécessaire pour un martyr : il est remplacé par un décret constatant le martyre du serviteur de Dieu.