Pages Menu
Categories Menu

Posté on 31 Juil 2015 in Vie spirituelle, Voix des prêtres

18 ème dimanche B

18 ème dimanche B

 « Quel signe fais-tu, ô Nazaréen, pour qu’à sa vue nous te croyions? »  ( Ex 16, 2 -4, 12 -15;  Jn 6, 24 – 35)

 

Les foules viennent de se rassasier. Les personnes avec la mémoire la plus courte  n’ont pas eu le temps ni la possibilité d’oublier la multiplication miraculeuse des pains, à peine avenue. Pourtant, l’orgueil, l’ingratitude et l’incrédulité obnubilent les intelligences, bloquent les mémoires et suppriment les réalités! Que de réalités, que de droits (des autres, bien entendu!) nous supprimons lorsque nous sommes négatifs,  injustes, et intéressés. Nous sommes voire capables de déformer les vérités, même les plus évidentes, en « défendant l’indéfendable » et en condamnant l’irréprochable, en transformant la victime en bourreau, le blanc en noir  et vice versa.

 

« Quelle œuvre accomplis-tu? Nos pères ont mangé la manne dans le désert! » Les personnes qui lancent ce défi ont-elles tout simplement oublié le miracle à peine accompli ou font-ils semblant? Le résultat est le même : aucune reconnaissance, aucune gratitude, aucune logique, aucune justice!

 

Le Seigneur, bien plus patient que nous en général et dans de pareilles circonstances, ne rappelle pas la dernière multiplication des poissons et des pains. Peut-être s’abstient-Il de le faire à cause de la « dureté de cœur » et d’intelligence de ses interlocuteurs. Il est parfaitement inutile de rappeler à quelqu’un un bienfait, dont il a été le bénéficiaire, mais qu’il a toutes les intentions du monde de nier, d’ignorer, de minimiser ou même de mal interpréter. Il n’a pas de mémoire plus courte que celle des personnes qui veulent oublier!

 

Nous voici: choqués, une fois de plus, par « le mystère de l’iniquité » (cf 2 Thess 2, 6 -7). Etymologiquement, l’iniquité est le manque d’équité, l’absence de justice. Il se trouve quelque chose d’inexplicable  dans beaucoup de maux, de vices et de péchés. Pourquoi nier les bienfaits? Par orgueil, parce que l’on ne veut rien devoir à personne, les autres étant inférieurs à nous! Par paresse et par peur de l’engagement, oui, parce que la reconnaissance d’un bienfait reçu nous engage et nous « oblige » non seulement à la gratitude mais aussi à rendre la pareille, à l’occasion. En effet, pour dire « Merci » en portugais c’est le participe passé « Obrigado » , »obligé ») que l’on utilise.

 

Souvenons-nous des bienfaits du Seigneur comme nous le recommande le Psalmiste ou plutôt invitons nos âmes et nos mémoires à se rappeler toujours des grâces reçues : « Bénis Yahvé (le Seigneur) ô mon âme, du fond de mon être son saint Nom, bénis Yahvé, mon âme, n’oublie aucun de Ses bienfaits! » (Ps 103 (102), 1 -2).

 

(par P.P. Madros)