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Posté on 11 Déc 2015 in Année de la Miséricorde, Lectures, Pour aller plus loin, Slide

“Vivre l’indulgence de l’Année Sainte, c’est s’approcher de la miséricorde du Père”

“Vivre l’indulgence de l’Année Sainte, c’est s’approcher de la miséricorde du Père”

 

TERRE SAINTE- L’ouverture du grand jubilé de la miséricorde par le pape François à Rome le 8 décembre 2015 invite à nous poser la question des moyens concrets mis à disposition par l’Eglise pour vivre cette année Sainte. Des “Portes de la Miséricorde” vont être ouvertes dans tous les diocèses du monde ; en Terre Sainte, l’AOCTS a émis plusieurs propositions permettant à tous les fidèles d’obtenir l’indulgence jubilaire. De quoi s’agit-il exactement ? Nous vous proposons ici de revenir, avec Monseigneur William Shomali, vicaire patriarcal pour Jérusalem et la Palestine, sur ce trésor que nous offre l’Eglise aujourd’hui et qui nous fait toucher à la miséricorde infinie de Dieu.

Qu’est-ce qu’une indulgence ?

Selon le catéchisme de l’Eglise catholique, « l’indulgence est la rémission devant Dieu de la peine temporelle due pour les péchés dont la faute est déjà effacée », Je précise que le pardon du péché rétablit la communion avec Dieu. Cela est le fruit de la miséricorde divine. Par ailleurs, la justice divine requiert que le pécheur pardonné répare pour ses péchés. Même cette justice est de nouveau tempérée par la miséricorde puisque grâce à l’indulgence, les peines temporelles peuvent être effacées. Dans ce cas, « l’indulgence est partielle ou plénière selon qu’elle libère partiellement ou totalement de la peine temporelle due pour le péché ».

Que veut dire “peine du péché” ? Que se cache-t-il derrière les termes “peine éternelle” et “peine temporelle” ?

Le péché a une double conséquence : lorsqu’il s’agit d’un péché grave, nous sommes privés de la communion avec Dieu que nous retrouvons dans le sacrement de réconciliation. L’absolution lève alors cette peine éternelle, mais la peine temporelle persiste. Tout péché, même véniel, nécessite une purification après la mort, dans l’état qu’on appelle Purgatoire. Cette purification libère de la peine temporelle du péché.

Cependant, la peine temporelle peut être remise grâce à l’indulgence de Dieu, obtenu par l’Eglise et qui permet d’effacer cette peine temporelle.

Quelles sont les conditions pour recevoir une indulgence ?

Le pape nous rappelle les conditions pour recevoir une indulgence, en particulier durant cette année de la Miséricorde : « j’établis que l’on puisse obtenir l’indulgence dans les sanctuaires où est ouverte la Porte de la Miséricorde et dans les églises qui sont traditionnellement identifiées comme jubilaires. Il est important que ce moment soit uni, avant tout, au Sacrement de la Réconciliation et à la célébration de la sainte Eucharistie par une réflexion sur la miséricorde. Il sera nécessaire d’accompagner ces célébrations par la profession de foi et par la prière pour ma personne et pour les intentions que je porte dans mon cœur pour le bien de l’Eglise et du monde entier ».

Pourquoi l’Eglise peut-elle donner des indulgences au nom de Dieu ?

Le Christ ressuscité a donné aux apôtres le pouvoir de remettre les péchés comme nous l’indique l’Evangile de Jean où Jésus s’adresse aux apôtres et leur dit : « Recevez l’Esprit Saint. Tout homme à qui vous remettrez ses péchés, ils lui seront remis ; tout homme à qui vous maintiendrez ses péchés, ils lui seront maintenus. » (Jn 20, 22-23). Ainsi, en permettant aux fidèles de se libérer de la peine temporelle du péché grâce aux indulgences, l’Eglise incite le chrétien à faire des œuvres de charité, de piété et de pénitence.

Pouvez-vous nous donner quelques exemples de ces œuvres dont vous parlez ?

Les occasions d’obtenir des indulgences sont extrêmement nombreuses. Une indulgence partielle peut être obtenue, par exemple, lorsque l’on exerce les œuvres de miséricorde corporelles (nourrir les affamés, loger les sans-logis, vêtir les déguenillés, visiter les malades et les prisonniers, ensevelir les morts) ou spirituelles (instruire, conseiller, consoler, conforter, pardonner et supporter avec patience) envers nos frères dans un esprit de foi et avec un cœur miséricordieux.

L’indulgence plénière peut être obtenue notamment pour une demi-heure d’adoration du Saint Sacrement ou de méditation de la parole de Dieu, ou encore pour la récitation du Saint Rosaire dans son ensemble.

Pour qui demander une indulgence ?

Nous pouvons demander une indulgence pour nous-mêmes. Cela-dit, la pratique des indulgences est aussi un lieu privilégié pour expérimenter la communion des saints. Le Bienheureux pape Paul VI écrivait dans la constitution apostolique « Indulgientirum doctrina »  « La vie de chacun des enfants de Dieu se trouve liée d’une façon admirable, dans le Christ et par le Christ, avec la vie de tous les autres frères chrétiens, dans l’unité surnaturelle du Corps mystique du Christ, comme dans une personne mystique ». Ainsi, la sainteté de l’un profite aux autres. Le Catéchisme de l’Eglise Catholique nous explique ainsi que « puisque les fidèles défunts en voie de purification sont aussi membres de la même communion des saints, nous pouvons les aider entre autres en obtenant pour eux des indulgences, de sorte qu’ils soient acquittés des peines temporelles dues pour leurs péchés ».

Des propos recueillis par Calixte des Lauriers