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Posté on 2 Août 2016 in Actualité du Moyen-Orient, Administrateur Apostolique, Discours et interviews PbP, Politique & Société, Slide

Mgr Pizzaballa : «persévérer à créer une mentalité de paix»

Mgr Pizzaballa : «persévérer à créer une mentalité de paix»

 

INTERVIEW- L’Administrateur Apostolique du Patriarcat latin Mgr Pierbattista Pizzaballa a participé à la Cinquième Conférence Annuelle sur le Droit Canon, organisée du 19 au 24 juillet 2016 en Jordanie. A cette occasion, il a accordé une interview au Centre Catholique d’Etudes et de Médias durant laquelle il est revenu sur ses nouvelles responsabilités et sur la situation de la région.

Que signifie être administrateur du Patriarcat latin ? Et quelles sont les responsabilités pour ce poste ?

L’administrateur apostolique est une terminologie inhabituelle dans l’Église latine, et elle a de nombreuses fins. Dans ce cas précis, l’administrateur a le rôle de préparer l’Église du Patriarcat latin de Jérusalem pour l’avenir proche et de préparer les conditions à adopter pour le prochain patriarche. Le rôle de l’administrateur apostolique est comme celui d’un évêque au sein de l’Église.

 

Vous avez été custode de Terre Sainte pendant plusieurs années. Maintenant, vous êtes évêque et administrateur au nom du pape François, quel sens trouvez-vous au fait d’être évêque en Terre Sainte de nos jours ?

Je continue à faire partie de l’Eglise de Jérusalem, avec un rôle différent bien sûr. En tant que custode de Terre Sainte, j’avais des responsabilités pour une partie de l’Eglise. Maintenant, j’ai des responsabilités pour toute l’Eglise, bien sûr aux côtés de nombreux autres et je ne suis pas seul, avec les autres évêques, et cela dans un contexte plus large. Maintenant, je dois garder dans mon cœur et dans mon esprit toutes les réalités, les riches réalités de l’Église de Jordanie et de toute la Terre Sainte.

 

Vous vous trouvez aujourd’hui en Jordanie, dans ce pays bénéficiant d’une bonne coexistence au sein de la société. Qu’est-ce que la Jordanie signifie pour vous ?

La Jordanie est comme tous ces lieux où parce qu’il y a de la vie il y a des problèmes. Mais comme vous le dites, la vie de l’Eglise est riche. L’Eglise a de nombreuses activités, de nombreux mouvements et de nombreux groupes. Nous devons améliorer ces activités, les coordonner et nous donner du temps comme nous l’avons déjà fait afin de continuer à progresser pour la prospérité de la belle société chrétienne, ce qui est nouveau au Moyen-Orient. Quand vous vous promenez en Jordanie, vous réalisez tous les problèmes qui touchent le pays. En Jordanie, la situation est encore stable, calme et sereine. En ce qui concerne les perspectives d’avenir, nous devons encourager cette tendance.

 

Que pouvez-vous dire au sujet des relations entre chrétiens et musulmans ?

Si nous regardons tout ce qui se passe dans tout le Moyen-Orient et quelle est la réalité en Jordanie, nous pouvons alors être très heureux et reconnaissants. Nous devons remercier le Seigneur et la Famille Royale bien sûr. Les relations entre les différents groupes religieux, musulmans et chrétiens, sont sereines. La situation est très positive et nous devons remercier le Seigneur pour cela.

 

Qu’est-ce que l’Église a offert aux réfugiés ?

Un autre aspect important de la vie de l’Eglise touche à tout ce qu’elle a entrepris ces dernières années en Jordanie, en particulier en ce qui concerne la question des réfugiés. La Jordanie, après tout, est un petit pays qui a reçu pourtant des millions de réfugiés en provenance d’Irak et de Syrie, ce qui ne va pas de soi et est apprécié, et cela vaut également pour les chrétiens, l’Eglise, Caritas et d’autres institutions reliées à l’Eglise. L’Eglise accueille tous les réfugiés, en particulier les réfugiés chrétiens, ce qui est très important. Je remercie l’Eglise d’être devenue ainsi un point de référence important pour la vie de millions de réfugiés en Jordanie.

 

Quels sont les plans et les projets que vous voulez continuer ou commencer maintenant que vous avez cette nouvelle charge ?

Je ne suis pas venu pour mettre en place une révolution. Je suis ici pour organiser un peu plus la vie de l’Eglise, qui est déjà organisée. La première chose à faire selon moi est de mener un dialogue, d’écouter, de comprendre, de voir et d’être en contact avec le clergé et les prêtres, afin d’organiser conjointement la prochaine étape.

 

Avez-vous un rôle à jouer en ce qui concerne le tourisme religieux en Terre Sainte ?

Le rôle de l’Eglise, et de l’évêque en particulier, est très important pour le tourisme religieux. Les pays occidentaux ont peur de venir ici parce qu’ils pensent que tout est imbriqué, alors que la situation est totalement différente. Nous évêques, qui avons des relations solides avec les autres Églises de par le monde, nous devons bien expliquer lorsque nous sommes à l’étranger que la situation est sans danger. Il est également important pour eux de marcher sur les pas de Jésus-Christ, avant toute chose. Il est également important d’encourager le processus de paix au Moyen-Orient, en Jordanie et en Terre Sainte parce que le tourisme religieux est un facteur d’opportunités pour beaucoup car lorsqu’il y a du travail, il y a une prospérité économique qui profite à la société dans son ensemble.

 

Quels sont vos espoirs pour la région, pour la paix entre Israël et la Palestine, en premier lieu, puis pour la région, y compris pour l’Irak et la Syrie ?

Je sais très bien que la paix entre Israël et la Palestine, en Irak et en Syrie semble être si éloignée et si difficile, que ce ne sont que des mots. Mais nous, religieux et hommes de Dieu, nous devons continuer à persévérer avant tout à prier pour la paix et aussi à créer une mentalité de paix. Nous devons faire de notre mieux pour encourager les dirigeants politiques de Terre Sainte afin qu’ils offrent un avenir de paix à toutes les générations.

 

Quel rôle la Jordanie doit-elle jouer pour la paix ?

La Jordanie joue un rôle clé. Tous les pays ont des ennemis à une époque où la Jordanie est un pays qui est en dialogue avec tous les pays du Moyen-Orient. Ainsi, la Maison Royale en Jordanie est très importante car elle aide tous les pays à dialoguer et à s’asseoir ensemble. C’est ici le seul endroit où chacun peut trouver la liberté et la paix. C’est un contexte unique que nous devons exploiter.

 

Source : abouna.org

Traduction en français du Patriarcat latin de Jérusalem