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Posté on 20 Jan 2017 in Vie spirituelle, Voix des prêtres

Homélie du troisième dimanche de l’année A

Homélie du troisième dimanche de l’année A

 

Pécheurs de pêcheurs, « ténèbres » qui éclairent !

(Is 9, 1- 4 ; 1 Cor 10- 17 ; Lc 4, 12- 23)

(par P. P. Madros)

 

Jésus-Lumière dissipe les ténèbres (Is 9, 1- 4)

Saint Matthieu affirme on ne peut plus clairement, dans l’apostolat de Jésus, la réalisation de la prophétie d’Isaïe sur la glorification de « la terre de Zabulon, et celle de Neftali, de la route de la mer («la fameuse « Via Maris » des Romains, qui passait par Capharnaüm, « état-major » du Christ !), au-delà du Jourdain, au Cercle (« Galil »גליל  ) des nations » (les infortunés et impurs incirconcis « goyim גוים) » (qui, dans le Talmud en ont pour leur rhume !) En hébreu, le chapitre 9 d’Isaïe commence par les mots émouvants : « Le peuple assis dans les ténèbres a vu une grande lumière ». C’est le Christ !

Or, continue saint Jean : « La lumière brille (luit) dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont pas saisie » (Jn 1, 5). L’obscurité n’a aucun intérêt de laisser la place à la clarté, où tout ce qui est louche se dénonce ! De nos jours, nous expérimentons, comme toujours ou plus que jamais, la guerre de l’obscurité contre la lumière, et, partant, contre « les enfants de la lumière ». En Occident, le paganisme, l’athéisme militant antichrétien, d’autres religions nettement antichrétiennes (avec lesquelles, sans discernement ni connaissance, beaucoup de Catholiques sympathisent, en confondant l’amour aux personnes avec l’approbation ou la promotion des principes) : autant d’éléments de déchristianisation, où la lumière de l’Evangile s’estompe sous les coups du confusionnisme, de « l’ouverture », de la « tolérance ». Un archevêque italien vient de sonner le glas à nouveau : « A cause de nos trahisons et de notre ignorance (il a dit « stupidité »), dans moins d’une décennie, l’Europe sera non chrétienne ! »

Mgr Carlo Liberati a dénoncé précisément les ténèbres « d’un mode païen de vie, des Etats qui promulguent des lois antichrétiennes, le manque de natalité chez les chrétiens », sans compter le prosélytisme de dénominations (pour ne pas les appeler « sectes ») pseudo-chrétiennes et de groupes non chrétiens dont le seul but est d’islamiser ou de gagner des adeptes à Bouddha…

En clé biblique, toujours avec l’amour pour tous, qui ne doit jamais devenir un facteur d’aveuglement et d’ignorance, les ténèbres se déchaînent contre Jésus et l’Eglise « lumière des nations ». Vous en doutez : regardez concrètement, à titre d’exemples,  la Syrie, l’Irak, le Nigéria : guerre implacable inexorable incessante contre les chrétiens pour les déraciner de leurs pays, les tuer systématiquement, avec mille et une méthodes. Des attentats en Europe n’auraient jamais eu lieu si les habitants étaient musulmans et surtout sunnites. L’amour, auquel il ne faut jamais renoncer, ne doit pas nous jeter dans l’obscurité de la cécité mentale.

Depuis Vatican II, l’Eglise catholique insiste sur sa mission essentiellement évangélisatrice, porteuse et témoin de la Bonne Nouvelle qui n’est autre que l’Evangile. Le pape François, dans une paroisse romaine récemment constituée, vient de rappeler la nécessité du témoignage. Celui-ci annonce le Christ, mais évite l’indiscrétion et le prosélytisme.

 

Un champion, sinon le champion de l’évangélisation « à bras raccourcis » : Saul de Tarse ou Paul de Jésus (1 Cor 1, 10- 17)

Il faut préciser l’expression ci-dessus : l’Apôtre frappe non les personnes, « la chair et le sang », mais « les Puissances, les Principautés, les Régisseurs de ce monde de ténèbres… » (Eph 6, 12). Facilement, on ferme la bouche aux chrétiens lucides et zélés en les accusant de « manque de charité ». Saint Paul avait probablement prévu, ou entendu, l’objection ou plutôt le sophisme. Il nous enseigne à répondre : nous ne combattons pas les personnes (encore faut-il se défendre !) mais les idées, les principes  d’erreur, d’hérésie, de perversion et de perdition, tout en étant conscients de notre propre faiblesse.

 

Les agences de presse fiables : Madame Chloé et compagnie !

L’Apôtre ne prête pas l’oreille au cancan. Là aussi, le pape François se déchaîne contre cette épidémie. Eh bien, ce qu’on a raconté à Paul, sur les divisions à Corinthe, ne relève pas du commérage (les dames, excusez qu’on vous attribue cette histoire-là bien que des compères vous y battent bien des fois, surtout les chômeurs et les fainéants !). L’Apôtre cite sa source. Il a confiance : il s’agit du personnel (soit membres de la famille soit domestiques) de Chloé, une femme noble et digne de respect. (Pas question du parfum « Chloé » !) Dans un rapprochement maladroit, nous pouvons supposer que cette dame diffuser « la bonne odeur du Christ » !

Preuve de la véracité des assertions de Paul : il indique sa référence.

Les divisions entre chrétiens  constituent un contre-témoignage, diamétralement opposé à la « vie apostolique » des premiers fidèles desquels la société disait avec émerveillement : « Regardez comme ils s’aiment les uns les autres ! » Tout ceci fait écho à la déclaration du Seigneur : « Par ceci l’on vous reconnaîtra comme des disciples, par votre amour réciproque ». Cette charité chrétienne (parfois on fait de la charité au détriment des chrétiens, contrairement à Gal 6, 10) et cette unité entre « les fidèles du Christ » (les « christifideles » de Vatican II) évangélisent. Elles attirent vers le Christ, l’Evangile et l’Eglise, tandis que les divisions entre chrétiens éloignent les possibles candidats ou néophytes et les jettent dans les ténèbres du doute et de la confusion ! Que de fois avons-nous entendu la question amère : « Oui, je veux bien devenir chrétien, mais dans quelle dénomination ? »

 

L’hameçon des pêcheurs d’hommes (Mt   4, 12- 23)

Paradoxalement, l’hameçon des pêcheurs galiléens, pas loin de « la route de la mer » romaine, Simon-Céphas-Pierre et son frère André, ne sera autre que la croix, ‘aimant » de Jésus qui déclarera bientôt : « Et moi, quand je serai élevé de terre, j’attirerai tout (tous) à moi » (Jn 12, 32). La fraternité, même physiologique, attire vers Jésus ! Les liens inaliénables de la famille, aujourd’hui si férocement combattus en Occident, ceux « de la chair et du sang », dans le bon sens des mots, constituent une belle pierre d’attente et une pré-évangélisation. Nos deux futurs apôtres, Simon et André, fils de Jonas (« la Colombe »), doux comme des colombes, différents des deux autres frères Jacques et Jean, « fils du tonnerre », les premiers deux frères, dans la philadelphie apostolique, viennent de Bethsaïde בית-צידא qui veut dire, d’une façon significative, « maison de la pêche » ! Bien placés géographiquement dans le monde de la pêche, les voici transposés par Jésus au monde des âmes !  Leur métier se spiritualise : ils vont tout de suite passer de la profession à la mission. Quelle déformation pour nous, prêtres, quand de « ministres du Christ », parfois, même inconsciemment, nous dégénérons en « fonctionnaires » !

Certes, humainement parlant, il est plus facile d’attirer un jeune homme à un Joseph Smith, américain polygame, qu’à Jésus-Christ ou à saint Benoît !  D’autres préfèrent la voie « large » de la polygamie islamique à la monogamie chrétienne. D’autres se laissent séduire par le divorce (assez facile dans certaines églises orthodoxes d’Orient) en répugnant de l’indissolubilité catholique, évangélique, du mariage !

Pourtant, Jésus connaît la force unique et divine de son attrait ! Malgré toutes les séductions et les séditions, l’attraction de Jésus de Nazareth reste irrésistible : c’est l’attraction du triomphe sur la mort, l’attrait de la lumière qui dissipe les ténèbres, la force de l’amour, la splendeur de la vérité, la clarté du précepte mais aussi et surtout la magnificence du pardon.

 

Conclusion : Pierre et André : Rome et Constantinople !

Le rapprochement fraternel entre Rome et Constantinople représente un hameçon, un aimant de plus,  « pour que le monde croie ! » Le patriarche byzantin grec orthodoxe de Constantinople se considère successeur de saint André. Malheureusement, cette pauvre Byzance est devenue, depuis 6 siècles environ, la turque Istanboul islamique, ce qui explique un attentat antichrétien au premier de l’an 2017. Le brave « patriarche œcuménique » est bien malmené, avec ses quelques milliers de fidèles ! D’aucuns ont peur du même sort pour Rome si l’immigration islamique et la non natalité « catholique » continuent.

Puissent, avec la grâce du Christ-Soleil,  notre ouverture à la vie, à la lumière, à la concorde œcuménique et fraternelle « pêcher » des femmes et des hommes, toujours plus nombreux et plus engagés « dans le règne du Christ » !